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14 février 2007

Michèle Nguyen, une ode au voyage intimiste

Michèle Nguyen a, au cours de deux soirées, proposé au public du Strapontin une trilogie : trois histoires pour trois temps d'un parcours personnel qui pouvaient se découvrir totalement ou partiellement. Cmedium_Photo_1371.jpges deux soirées se voulaient intimistes, elles le furent tant pas la prestation de l'artiste qui a, un peu sous le signe de la confidence, dévoilé des moments de vie, de sa vie (?) que par le nombre de spectateurs, une trentaine à chaque représentation.
Ce petit bout de femme née en Algérie, d'un père vietnamien et d'une mère belge, seule en scène, pied nu, vêtu de noir, sans l'artifice d'un décor, a entraîné le spectateur dans les méandres de la vie mais aussi dans un beau voyage en terre vietnamienne. Le public se fait tour à tour voyeur ou partenaire lorsqu'il est pris à parti de ces moments intimes ou l'on croit, où l'on pense, percevoir un récit autobiographique comme lorsqu'elle narre les débuts d'une conteuse. L'occasion pour elle de marier le récit biographique à des histoires merveilleuses de dieux égyptiens. Pour donner plus de force à son récit, à ses histoires, Michèle Nguyen sait aussi se faire comédienne, dépeignant parfaitement par les mimiques, les accents les personnages qu'elle campe et avec lesquels elle traduit la séduction, l'amour, la naissance mais aussi la mort d'un être cher. Ses gestes épurés, appropriés, ne font qu'accentuer la justesse de ses mots. Elle sait également donner toute leur place aux silences qui peuvent alors en dire long. "Je voudrais vous parler d'une musique" lance t'elle à plusieurs reprises. Son monologue en est une. A l'instar d'un cours d'eau, elle fait ruisseler les mots, sans fioritures, sans excès, alternant le débit. Pour la troisième partie de cette trilogie, des sons d'ambiance de rues commerçantes au Vietnam, des bruits de circulation ne font qu'accentuer son propos. Elle entraîne alors plus encore le spectateur dans "son" voyage. On est loin des clichés. Le public se créé mentalement ses images, part en Extrême-Orient sans quitter son fauteuil. Au terme de ces soirées, les (trop) rares spectateurs se disent émus, touchés, impressionnés par la présence de Michèle Nguyen ; on le serait à moins...